05.10.2016Quand la maladie fracasse une vie!

Témoignage d’Anne, membre de *l’îlot*, Association de proches de la schizophrénie ou des psychoses

Comme tous les parents, je voyais avec joie mon enfant se lancer dans sa vie de jeune adulte avec des projets plein la tête, une envie folle de croquer la vie, une solide confiance dans l’avenir, un métier entre les mains, une formation aux beaux-arts qui s’achevait et une existence qui se présentait selon ses souhaits. 

Soudain, l’orage a éclaté, la tempête s’est levée et un tsunami a dévasté les projets construits pour l’avenir. Plus rien n’est reconnaissable, l’être familier se transforme en étranger, de moins en moins saisissable, puisque son quotidien, son discours, ses paroles prennent une tournure dissolue.

En tant que mère, j’ai redoublé de vigilance sans rien y comprendre. Je sentais seulement que tout vacillait, que la vie de mon fils devenait un enfer peuplé d’idées folles.

Dans un tourbillon incessant se succèdent voyages irréfléchis, déménagements répétés, nouvelles alarmantes, idées délirantes, gestes inconsidérés et, enfin, hospitalisation, diagnostic, mutisme décennal.

Pour les proches, ce fut tout à la fois: l’attente, le besoin de comprendre, la mobilisation de leur énergie pour en donner à cet enfant fracassé par la maladie, qu’ils voient souffrir, mais face auquel ils se sentent impuissants.

Avec le temps, lentement, pas à pas, avec des hauts et des bas, le malade, les soignants et les proches forment une équipe. La maladie doit s’apprivoiser. Il ne faut pas la laisser dresser un mur d’incompréhension derrière lequel seraient cachés tous les trésors et toutes les pépites que renferme un enfant en souffrance psychique. 

Ne cessons pas de croire que l’enfant connu au premier jour est toujours là, prêt à sourire et à surprendre!

 

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