05.10.2016Maladie psychique : oser en parler !

Témoignage de Luc

Quand il y a quelques temps une amie m'a proposé de témoigner sur le thème de l’enfermement, d'abord je me suis dit : ce sujet ne me concerne pas. Moi ? Enfermé ? Meuh non...

Et finalement en y réfléchissant. Si. Quand même. Un peu. Voire un peu trop.

Je suis enfermé socialement. Contrairement, par exemple, au diabète (qui ne concerne pas tout le monde), chacun par contre, peut s'identifier au sommeil. Oui car tout le monde dit facilement "être fatigué". Tout le monde dort. Donc si quelqu'un dort trop et plus que la moyenne, c'est qu'il "manque de volonté". 

Notre entourage, famille, amis, sont souvent plein de bonnes intentions. Mais leurs conseils blessent car ils donnent l'impression que nous sommes responsables de notre maladie, que par exemple, "il suffirait de..." pour aller mieux. On ne se sent donc pas reconnu dans notre souffrance et lutte quotidienne. Pire, on l'aurait voulu ! (donc en quelque sorte : mérité).

Il y a des groupes fermés sur Facebook, de personnes souffrant du même problème de sommeil que moi, qui permettent de trouver du réconfort, du soutien auprès de personnes qui savent ce que c'est que de dormir 20, 40 ou, comme ça m'est arrivé : 180h de suite. Auprès d'elles et sans peur du jugement, on peut se plaindre, répandre ses jérémiades, ou simplement exprimer sa solitude, son enfermement. Comme le fait un prisonnier lorsqu'il a une visite ! Comme une bouffée d'air.

Je souffre également de dépressions car je cumule aussi un trouble bipolaire.

Je suis enfermé encore et bien sûr de par les propres symptômes et conséquences de la maladie. Je suis alité le plus clair de mon temps. Donc enfermé dans le sommeil.

Je suis enfermé par le regard des autres. Les maladies invisibles doivent être expliquées sans quoi celui en face n'y verra rien. Et je me rends bien compte combien il est difficile, même pour ceux qui savent, de réellement imaginer ce que "n'être jamais reposé ou totalement éveillé" représente.

Il est pénible de se sentir constamment "obligé" de se justifier. C'est d'ailleurs pour cette raison qu'on laisse dire, quitte à se sentir encore plus seul et totalement incompris.

Une autre bouffée d'air : les associations. Il fait bon d'être sur la même longueur d'onde que les personnes qui ont le courage de participer aux rencontres.

Et finalement, si je témoigne, c'est peut-être pour retrouver une liberté, ne plus me cacher. Accepter mon état. Et l'assumer car je veux, je dois apprendre à "vivre avec". VIVRE, tout simplement.

Merci la vie ! Car vivre c'est... ne jamais perdre espoir.

 

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